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mardi, 01 avril 2008

Digression sur une banderole...

Le Billet de Patrick Parment 

 

772533361.jpgSi le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen, alors que dire du foot qui vole souvent au ras des pâquerettes, voire des QI ? On n’ira pas vous dire que ceux qui ont exposé une banderole, lors du match de je ne sais trop quelle Ligue de mes deux, entre le Paris-Saint-Germain (Ile-de-France) et Lens (Nord, donc Cht’is), sur laquelle on pouvait lire : « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Cht’is », sont des mecs raffinés, mais franchement, il fallait quand même le prendre au second degré. D’autant que l’équipe de zozos, supporters habituels du PSG, auteur de ce crime semble-t-il, n’en est pas à son coup d’essai.

 

Lors des faits, le président de la République et sa suite ont superbement ignoré l’incident et les banderoles ont été retirées. On aurait dû en rester là et ne donner aucune publicité à cette affaire. Mais la bien-pensance en a décidé autrement.

 

Mais de quel poids est-elle, cette banderole, face au suicide de cette mère de famille de deux enfants, secrétaire depuis vingt ans chez Peugeot et que l’on a poussé vers la porte sous couvert de départ volontaire ? C’est du moins ce qu’affirme l’avocat de la famille.

 

Que dire de ces 1 090 ouvriers, toujours de chez Peugeot, qui vont bientôt prendre le même chemin ? Imagine-t-on un seul instant la casse sociale et le désarroi dans lequel on va plonger toutes ces familles, quand dans le même temps, sur les plateaux de télé, la « bien-pensance » est à l’oeuvre et s’interroge sur le sort à réserver aux zozos qui ont osé dauber sur le film de Dany Boon (qui vient de se mettre plus de 3 millions d’euros dans les fouilles en reconnaissance d’un juste talent).

 

Que dire encore des 600 ouvriers de l’usine de Gandrange, eux aussi immolés sur l’autel du capitalisme financier ? Qu’avait besoin Arcelor, aciérie européenne, franco-luxembourgeoise exactement, d’aller se fondre dans un conglomérat mondialisé ? Le sieur Mittal, patron indien de ce bouclar, raisonne en financier du monde globalisé : on ferme ici, on vend là et on ramasse les bénéfices. Où est la vision géopolitique dans cette affaire ? Nulle part.

 

Qu’en pense la bien-pensance de toutes ces familles qui vont se retrouver dans le besoin ? Qu’en pense monsieur Xavier Bertrand, ministre du Travail justement et l’homme fort du gouvernement paraît-il ? Qu’en pense notre président, qui a déclaré « l’Etat prêt à investir sur le site avec ou sans Mittal » ?

 

Alors, tous ces idiots visuels qui viennent nous emmerder avec leur histoire de banderole, on leur fait un bras d'honneur.

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